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  • why not portraits ?

    Comme dans certaines toiles de Matisse du début du XXème siècle, ces modèles photographiés devant des fonds à motifs se tiennent au premier plan, questionnant ainsi les rapports de la figure au fond. Il peut exister un lien formel entre ce fond et les matières des vêtements, soit au contraire la figure se détache. Les tenues sont neutres aplatissant la perspective et les rapports aux tissus, troublant ainsi la perception habituelle. 

    Ce nouveau projet photographique a pour objectif de rassembler des portraits d’hommes et de femmes anonymes dans une série, apparemment sans aucun point en commun que de porter une attention particulière à leur corps et leur apparence, dans un mouvement incessant d’invention et de reéinvention d’eux mêmes. Ce sont des portraits de personnes remarquées et sollicitées au hasard de mes rencontres. Je recherche plutôt une photogénie, un sentiment ou un trouble. Les personnes anonymes représentées ici semblent dans le temps flottant de la recherche de soi, les contours de leur personnalité encore au travail. 

    La photographie explore et trace chez ces modèles cette limite et frontière subtile entre un sentiment de soi et une image donnée aux autres, un monde intérieur et son image projetée dans le monde.

     Et contrairement à mes précédentes séries, le masque de cette modernité y est moins évident : les symptômes de notre individualisme contemporain véhiculés par notre société de l’apparence et de l’esthétique personnelle y sont plus subtils. On retrouve cependant des thèmes déjà abordés dans des séries comme PentimentoChahut ou Chirurgies, dans lesquelles les passions ordinaires sont déjà perceptibles. 

    Exposition :
    Work in progress, exposition collective, 18 mai au 20 juillet 2019, Galerie Ségolène Brossette, Paris, Fr.