• why not portraits ?

    Why not portraits ?, 2019-2021
    De Paul Ardenne, historien et critique d'art
    "Comment, portraitiste, ne pas mentir ? Le portrait-vérité est-il tout simplement possible ? On sait bien que non et l’on en voudra pour preuve le panneau dans lequel tomba Gisèle Freund en personne, grande théoricienne de la photographie et portraitiste adulée, roulée dans la farine par le président François Mitterrand dont elle fit en 1981 le portrait officiel (sur l’image de Freund, un homme d’État droit, nourri de la pensée classique et de Montaigne ; dans les faits, un machiavélien adepte de la politique de l’ombre et du mensonge calculateur). Ne jetons pas la pierre au portraitiste. Rappelons seulement à quoi il s’expose, le plus souvent dans la complaisance, le risque d’être joué par son modèle plus encore qu’il joue de lui.
    Voyons Christophe Beauregard, dans ce prisme de duplicité, comme un faiseur d’images lucide, refusant l’illusion de la représentation flatteuse ou servile et lui préférant le contrôle sur les images qu’il produit. La série photographique Why Not Portraits ?(2019) est à cet égard signifiante : chaque modèle qui y prend la pose vient avec ses arguments (jeunesse, prestance, attitude de force), une position avantageuse que le photographe désamorce en faisant poser ledit modèle devant un fond inapproprié, en l’occurrence un tissu imprimé démodé évoquant, en termes symboliques, le déclassement. Se croire important, oui, le modèle en a le droit. Chaque portrait, vient rappeler en contrepoint Christophe Beauregard, est toutefois un memento mori autant qu’une preuve d’être, un fait d’existence autant qu’une vanité." Paul Ardenne, écrivain et historien de l’art.
    Ce nouveau projet photographique a pour objectif de rassembler des portraits d’hommes et de femmes anonymes dans une série, apparemment sans aucun autre point commun que de porter une attention particulière à leur corps et leur apparence. 
    Comme dans certaines toiles de Matisse du début du XXème siècle, ces modèles photographiés devant des fonds imprimés se tiennent au premier plan, questionnant ainsi les rapports de la figure au fond. Ici, dans la continuité des grands corpus photographiques historiques - je pense notamment à August Sander, Diane Arbus, Richard Avedon-, c’est une étude plutôt anthropologique sur les transformations de soi qui oeuvrent en silence et sculptent les comportements de tout à chacun. Je recherche plutôt une étrangeté, un sentiment ou un trouble, tout en tentant à l’instar de mes séries précédentes, de décrypter les signes extérieurs d’une modernité. "
              
  • fleurs

    Voici ma toute nouvelle série inédite Fleurs, 2020 initiée pendant le confinement à Paris entre février et mai 2020 dans mon atelier au Bateau-Lavoir.

    Portraitiste, mes recherches tentent habituellement de montrer comment dans nos sociétés actuelles le corps fait les frais de cette obsession contemporaine à donner un sens à son existence.

    Ne pouvant plus photographier les êtres, je me suis mis à photographier les fleurs, et à étudier l’espace, la perspective, la lumière, les couleurs sans retouche de postproduction. La liberté n‘était plus dehors, j‘essayais de la retrouver dans l‘atelier, dans le cadre de l‘appareil photo.
    J’ai simplement imaginé que j’étais au théâtre, et que je découvrais sur la scène d’une pièce imaginaire des fleurs disposées dans le décor.

    Même ces fleurs sont devenues des denrées rares puisque les fleuristes étaient fermés mais étaient toujours sur le pont prêts à me livrer, moi qui ne demandait qu’une chose, travailler !
    Ces fleurs évoquent cette rage, cette énergie de tous ces personnes qui privées de leur activité ont tout fait pour continuer. Elle se sont battues n’ayant aucune idée de ce qui allait se passer, de l’avenir. Cette foi qui pousse l’être à toujours avancer alors que tout peut s’arrêter du jour au lendemain.

    Articles :
    https://www.centrephotogeneve.ch/galerie-photographie-que-faites-vous-quand-vous-ne-faites-rien/?type_0=gallery&album_gallery_id_0=35

  • polaroïds

    Depuis 2019, en parallèle de mon travail de commandes et de portraits, je photographie avec un Polaroïd SX70 :  portraits, paysages, natures mortes, autant de genres à explorer par l’immédiateté et l’unicité du médium.

    Dans mon  studio du Bateau-Lavoir pendant le premier confinement  de 2019, alors que je ne pouvais plus photographier les êtres humains, je me suis mis à photographier les leurs, et à étudier l’espace, la perspective, la lumière, les couleurs. Ces polaroids m’ont permis d’approfondir mes recherches picturales sur la couleur, la figure et la fiction. Quelques mois plus tard, ce travail de studio s’est naturellement tourné vers l’extérieur lorsque nous avons pu circuler plus librement.

    Inspiré par la littérature, et par mon histoire personnelle, j’ai simplement imaginé que j’étais au théâtre, et que je découvrais sur la scène d’une pièce imaginaire des fleurs et des objets disposés dans le décor. Ces mêmes décors et paysages qui nous incitent à la rêverie d’histoires humaines possibles, des Short Stories.
    ___________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

    Since 2019, in parallel to my commissioned and portrait work, I have been photographing with a Polaroid SX70: portraits, landscapes, still lifes, so many genres to explore through the immediacy and uniqueness of the medium.

    In my studio at the Bateau-Lavoir during the first confinement of 2019, when I could no longer photograph human beings, I began to photograph theirs, and to study space, perspective, light, colors. These polaroids allowed me to deepen my pictorial research on color, figure and fiction. A few months later, this studio work naturally turned to the outside when we were able to move around more freely.

    Inspired by literature, and by my personal history, I simply imagined that I was at the theater, and that I was discovering on the stage of an imaginary play flowers and objects arranged in the scenery. These same settings and landscapes incite us to dream of possible human stories, of Short Stories.

  • sari

    Cette envie de shooter ces images m’est venue durant l’été 2015, alors en villégiature dans un village de Corse du Sud. Frappé par la liberté dont jouissaient les enfants, j’entreprends de les photographier dans les décors naturels aux alentours du village : maquis, forêt, rivières, routes, etc. J’y ajoute aussi des ambiances, des paysages, des animaux, des scènes de la vie locale. Je photographie un réel sans détournements au plus près de mes sensations. 

    Dominique Baqué écrit à propos de Sari :
    (…) voici donc le monde solaire de l’enfance, que l’artiste capte au coeur du village de Sari d’Orcino, en Corse du Sud – la série s’intitulant d’ailleurs « Sari ». (…)
    (…) Entre mer, soleil, maisons, cavernes et forêts, c’est une allégorie de l’Eden perdu qui semble se déployer ici. Pour autant, toute part de lumière recèle son inévitable part d’ombre, et ne voir dans l’enfance que l’innocence relèverait d’une mièvre naïveté. Or il n’entre aucune mièvrerie dans les images de Christophe Beauregard. Bien au contraire : elles sont fortes, puissantes, brutes, aussi. Mais davantage encore : quelque chose sourd souvent derrière la belle apparence, quelque chose d’impalpable et de difficilement définissable, qui relève d’une menace dont on ne sait si elle va se préciser et s’actualiser, ou non. (…) »

    Sari, 14 photographies sur 25. 
    Plus d'images sur demande.

    Catalogue :
    2018   Sari, Édité par Christophe Daviet-Thery, Design Bizzarri-Rodriguez, Publié par EXPOSED.

     
     
  • kate moss

    Vidéo MVI_4228

    Kate Moss à Paris, novembre 2012.

  • the beholders

    In France and abroad photograph the reflections of selected works of the history of art in the retinas of spectators.

    Editions :

    2015 The beholders, Sam FRANCIS , In lovely blueness (n° 1), in Anastasia's eye, postcard edited by les Editions du Centre Pompidou, 800 coopies, 4 x 6 inch
  • hush-hush

    Hush-hush, 2014

    Avec « Hush-hush », je fais appel à un paparazzi professionnel qui revêt les tenues utilisées lors de ses planques afin de mettre en évidence l’un des aspects de ce métier : le travestissement. À la technique de la dissimulation s’ajoute celle du déguisement : le photographe, en se fondant dans le décor, devient invisible aux yeux de sa proie et peut se saisir de l’image convoitée. L’art du camouflage permet ainsi de pourvoir à cette quête d’images susceptibles d’alimenter les magazines people. Le leurre est ici mis à profit et se décline à travers plusieurs mises en scène d’une parfaite artificialité : à l’hôpital, à l’hôtel Lutetia, au bois de Boulogne, à la mairie du 7e arrondissement à Paris. Le métier de paparazzi se rapproche alors curieusement de la performance d’acteur.

    Cette série est exposée au Centre Pompidou Metz à l'occasion de l'exposition collective, "Paparazzi ! Photographes, stars et artistes", du 28 février au 30 juin 2014. Voir + Elle sera également visible à la Schirn Kunsthalle de Frankfurt, de juin à octobre 2014.

    Publications :

    Catalogue d'exposition Paparazzi! Flammarion, 2014
     
     
  • le meilleur des mondes

    Le meilleur des mondes, 2012

  • pentimento

    Pentimento, 2011

    Alors que les tatouages et le body art sont à la mode dans nos sociétés contemporaines, je m’intéresse à un phénomène plus discret : le dé-tatouage. Une tentative de révéler ce qui est en train de disparaître.

     

     

  • devils in disguise

    Devils in disguise, 2010

    Je vous présente Hulkluk, Diablozaure, Rangermysterio.... Ces sympathiques monstres sont-ils de simples enfants jouant dans les bois ? Avec cette série, je tente de montrer comment l’imaginaire de nos rejetons est formaté par l’industrie des biens culturels. Portrait d’une jeunesse plurielle.

    Les photographies de la série Devils in Disguise procèdent d’une mise en scène. Prenant pour toile de fond la forêt, un enfant déguisé est saisi en pleine action dans une posture héroïque, offensive ou défensive rappelant les actions des (super) héros vernaculaires dont s’inspirent ces postures. Chaque mise en scène procède de la fusion de deux personnages hybridés : à l’image de leur accoutrement, les petits héros portent alors des noms composites tels des mots-valises (le costume de Hulk et le ceinturon de Lucky Luke donnant lieu à Hulkluck, la cape de Batman et le bonnet du père Noël à Christmasman…). Ces créatures évoquent les hybridations de Ralph Eugene Meatyeard ici débarrassées de leur monstruosité pour laisser place à une imagerie populaire dont les signes sont immédiatement identifiables.

    Audrey Illouz, commissaire et critique d’art.

     
     
  • las vegas

    Las Vegas, 2009

  • chirurgies

    Chirurgies, 2005

  • pinder

    Pinder, 1993

    Ce travail  intitulé Pinder, des portraits des enfants de la balle réalisés  au moyen format, est ma première vraie série photographique avec laquelle je passe mon diplôme aux Beaux Arts en 1993.

    Après la découverte du film Freaks de Tod Browing, je suis attiré par l’univers sensoriel, romantique et monstrueux du cirque. Je vais à la rencontre des artistes et les photographie costumés entre le chapiteau et leurs caravanes, dans cet endroit de passage et de no man’s land. Il n’y sont ni en représentation ni dans leur intimité, mais dans ce flottement de l’entre-deux.

    Ces personnages qui ont l’habitude du déguisement et de l’artifice sont mis à nus. Ce sont justement ces artifices que je vais  utiliser par la suite. 

    C’est le point de départ.

     

     

     

     

     

  • revue

    Durant l’été 2013 je découvre la Revue du Cercle Musical de Bergerac en écoutant l’émission Sur la route de France Culture. Tous les trois ans au Cercle Musical de Bergerac, une troupe de bénévoles et d’amateurs de tout âge crée et invente des costumes, des textes, des décors pour une revue de Music-hall tout en lumières, strass et paillettes. La journée ces bénévoles sont étudiants, actifs, en recherche d’emploi ou retraités, le soir ils se métamorphosent en chanteurs, danseurs ou comédiens amateurs.

    Intrigué par sa résistance aux codes de la production de biens culturels, je décide de contacter le Cercle Musical, qui m'ouvre ses portes. Sous la forme d’un reportage je fais poser ces hommes et ces femmes dans un cadre intime ou professionnel. Au portrait d’un acteur de la Revue, je juxtapose un détail d’un décor, d’un costume ou une ambiance de la Revue, livrant ainsi au spectateur des indices sur les personnages inventés pour le spectacle.

    Voici Chahut , ma vision de cet univers mêlant naturel et trompe l’oeil. Ces photographies ont été prises à Bergerac entre janvier 2013 et mai 2015. Extraits.

    Expositions :
    2015 Chahut, La Nouvelle Galerie, Centre Culturel Bergerac,France
    Catalogues :
    2015 Chahut, 44 photographies couleur, 56 pp, Coproduction Christophe Beauregard, La Nouvelle Galerie 

  • rêveries (d’après L’oiseau de feu d’Igor Stravinsky)

    Rêveries (d'après L'oiseau de feu d'Igor Stravinsky), 2016

    Voici une galerie de personnages tout droit sortis d’une version contemporaine du célèbre ballet du compositeur russe Igor Stravinsky. Ces jeux de masques et de costumes « basse def » hauts en couleur ont été imaginés à l’occasion d’une résidence artistique dans le 18ème arr. de Paris.

    Expositions :

    2016 Rêveries, Forum du Centquatre-Paris